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Extrait du livre : « Le monde appartient aux beaux-parleurs »

Jean-Jacques Malherbe – Editions Max Milo

Vous avez probablement remarqué que je faisais régulièrement référence au «regard des autres». Parce que c’est une sensation physique très forte, c’est à travers lui que l’on construit sa propre image de soi, qu’elle soit positive ou négative.

Le regard de l’autre est la preuve de notre propre existence. C’est lui qui nous permet d’être reconnus, de nous structurer en tant qu’individu. C’est encore lui qui, par le miroir qu’il nous propose, nous aide à nous auto-évaluer et à tendre vers une réelle connaissance de nous-mêmes. Il nous valorise et nous pousse à exprimer le meilleur de ce que nous sommes. Mais c’est également lui qui nous blesse, nous affaiblit et, parfois, nous détruit.

Souvenez-vous : « Tu es nul ! Tu n’arriveras jamais à rien ! Qu’est-ce que les autres vont penser de toi ? » Ces petites phrases, vous les avez sans doute déjà entendues.

Peut-être vous étaient-elles même adressées : goutte à goutte, elles ont pénétré insidieusement votre inconscient tel un poison. Au bout du compte, vous avez fini par y croire.

Critiques, regards désapprobateurs, phrases assassines ou dévalorisantes génèrent à la longue des sentiments d’inconfort et de malaise qui se traduisent à terme par de l’angoisse, de l’anxiété, une remise en cause générale et négative, voire de la panique. S’ensuit inévitablement la perte de toute forme d’estime de soi et, par conséquent, du sentiment de « sécurité intérieure« , ce qui va renforcer encore la peur des autres et de leur œil inquisiteur.

A l’ère du culte de l’image et de la performance absolue, véhiculés et galvaudés par la presse, tant féminine que masculine, on peut aisément imaginer que la situation n’ira pas en s’améliorant. La spirale négative est enclenchée.

Voilà pourquoi il est essentiel de se réconcilier avec soi-même. Pour cela , il est primordial de comprendre que la peur de l’autre est avant tout une peur de soi-même, née d’une perception erronée que l’on a de sa propre personne. Apprenons donc à mieux nous connaître, à découvrir nos ressources, nos qualités, nos talents singuliers. Tout le monde en possède, sans exception ! Pendant que nous y sommes, arrêtons aussi de nous considérer comme des victimes. Car la réaction positive ou négative de l’autre, c’est nous qui la générons. C’est nous qui avons le pouvoir de provoquer chez l’autre l’attirance ou la répulsion, l’admiration ou la moquerie. Tant que nous considérerons que le problème vient des autres, nous nous déposséderons du pouvoir de changer la situation. Commençons par accepter nos faiblesses et nos défauts ; d’ailleurs, avez-vous remarqué que plus vous vous efforcez de les cacher, plus ils sont visibles ? Mieux vaut en jouer. On s’emmêle les pieds dans le fil du micro ? prenons les devants en plaisantant sur l’incident, rions de soi avec les autres. C’est toujours mieux que de se comporter comme s’il ne s’était rien passé et laisser les autres se moquer de nous et nous déstabiliser. En effet, si on respecte celui qui assume ses points faibles, on est en revanche beaucoup moins indulgent envers celui qui tente laborieusement de les camoufler.

Enfin et surtout, il faut DÉ-DRA-MA-TI-SER ! Arrêter de penser que l’on est le centre du monde, que tous nos faits et gestes sont surveillés, analysés et commentés par notre entourage ! J’ai un scoop : les autres sont aussi nombrilistes que vous et moi et porteront par conséquent plus d’attention à leurs propres imperfections qu’à celles de leur voisin. A quoi bon alors surestimer le regard qu’ils nous portent ? Et quand bien même ils auraient remarqué que l’on vient de rater la troisième marche de l’escalier et que ça les amuse, ils auront oublié ce détail en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Il est donc inutile d’en faire des cauchemars !